Auteur : Florence Raguenez

Journaliste pendant près de 15 ans, je me suis convertie au métier de professeur des écoles à l'âge de 40 ans. Depuis cette reconversion, mon regard d'enseignante et ma curiosité de mère se conjuguent avec mon goût pour l'écriture : j'ai souhaité ouvrir les portes de nos classes pour faire découvrir les adultes qui oeuvrent au sein des écoles. http://professeursdesecoles.wordpress.com/ Depuis 3 ans, je me suis engagée dans une autre recherche pour mes élèves, pour les aider à se centrer, pour mieux se concentrer. Formations et expériences dans les 3 cycles me donnent aujourd'hui l'envie de partager ce que j'ai expérimenté : https://bienvivreenclasse.wordpress.com/

Classe flexible et yoga : cohérence !

Le lien corps-esprit est une évidence… et nos élèves nous guident pour y revenir !

Les reportages publiés par l’académie de Nantes décrivent quelques initiatives, classe flexible et utilisation du  yoga notamment : 

https://www.pedagogie.ac-nantes.fr/innovation-pedagogique/echanger/revue-echanger-611487.kjsp?RH=INNOV

Je me réjouis de cette cohérence, de ces initiatives qui germent !

Et pour ajouter mon petit grain de sel, n’oublions pas que ces démarchent existent dans d’autres académies, et dans les deux réseaux, public et privé. 

 

Climat de classe : non-violence, « messages clairs » et empathie

« L’agir non-violent se distingue clairement des trois solutions naturelles face à la violence (Laborit, 1976) : fuir, se soumettre et agir violemment. Etre non-violent, c’est agir de manière formelle en refusant l’une de ces trois voies, afin de susciter chez la personne à qui s’adresse ce geste une démarche de conscientisation de son acte. »

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Pour aider nos élèves à reconnaître leurs émotions, plusieurs procédures sont possibles : la page  « gestions des émotions » résume quelques axes de travail et me permet de partager quelques outils (liste d’albums, lien pour site avec pictogrammes, notamment).

Cela étant, pour que notre climat de classe soit réellement paisible, nous pouvons guider nos élèves pour qu’ils expriment ce qu’ils ressentent, de manière non-violente.

Et guider le groupe pour apprendre à écouter avec empathie.

Pour éclairer ce vaste sujet, voici deux articles qui rappellent ce qu’est la communication non-violente, le principe des « messages clairs » et de l’écoute avec empathie :

http://www.cahiers-pedagogiques.com/Des-messages-clairs-pour-cooperer

https://apprendreaeduquer.fr/ecoute-empathique-enfants/

Bonne lecture !

Florence

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Questions-réponses pour Cycle 1

27/01/19

Voici un mail que j’ai reçu cette semaine de la part d’une collègue. Celle-ci a expérimenté l’histoire des petits lutins avec un groupe de GS. Je diffuse ses questions, avec son autorisation et en la remerciant, car cela me donne l’occasion de répondre « en direct » !

« Bonsoir Florence,

j’ai fait la séance sur les étirements mardi avec le groupe de 18 GS de ma classe, ce jour là, le groupe était un peu agité, avec des enfants pas du tout dans l’envie de se concentrer (certains mal à l’aise je pense se contentaient d’en rire!) malgré tout, cela a bien fonctionné pour les autres, je pense reprendre avec toute la classe (+ 11 PS) en adaptant sans doute bien que je trouve que les petits sont plus réceptifs à ce genre d’histoire que les grands même si certains sont encore dans l’observation.

Ce qui me gêne le plus en faisant avec les enfants (et j’ai pourtant envie de le faire!) c’est de ne pas pouvoir suffisamment les observer…

S’il y a d’autres histoires, je suis preneuse. Merci.

Myriam »

Myriam, merci beaucoup pour ces questions et ces remarques ! Voilà ce que je peux vous répondre, avec prudence car aucun groupe ne ressemble à un autre…

  • Concernant la taille du groupe : je pense qu’il vaut mieux commencer avec un demi-groupe classe (si l’effectif tourne autour d’une trentaine d’élèves). Concrètement, des enfants si jeunes sont déstabilisés par un grand espace, par la nouveauté des exercices, et leur schéma corporel est encore balbutiant ! Je conseille donc de faire quelques séances en demi-groupe avant de prendre le groupe entier.
  • Les GS et les PS n’ont pas du tout la même finesse de perception de leur schéma corporel : les PS ont parfois du mal à plier les jambes pour s’asseoir en tailleur ; beaucoup ne savent pas faire « le chat »… La passation des consignes n’est donc pas du tout la même entre les 2 niveaux. Mon conseil : pour les deux semaines qui viennent avant les vacances,si possible, faites les séances en coupant le groupe : GS d’un côté, PS de l’autre.
  • Autre observation effectuée auprès des TPS-PS de ma collègue Catherine, certains petits ne savent pas ce qu’est une tortue, une montagne, une grenouille... Pour ces enfants, une image est utile. Pour ma collègue, j’ai donc fait un petit diaporama avec des photos et les images des postures scannées à partir des cartes Pédayoga. Cela semble aider les enfants à se faire une image mentale des animaux-objets représentés.

          Résultat de recherche d'images pour "image tortue"                                                        tortue jpg

  • Concernant le principe de faire avec eux : je pense qu’il faut faire les postures avec eux. Ma professeur de yoga dit : « il faut les précéder ». (Et même si certaines postures sont compliquées pour nous adultes !) C’est notre posture qui leur donne l’impulsion : ils suivent, ils font comme nous. Cette manière de faire permet beaucoup de choses : une économie de mots, le plaisir de faire ensemble.
  • Concernant le fait que certains rigolent : inévitable pour les 1ères séances, car on propose-là des exercices différents. Faire la grenouille, il y a de quoi rire ! Résultat de recherche d'images pour "grenouille"Une seule règle : « ne pas se bousculer, ne pas gêner les camarades ». Soyez rassurée : rapidement, ils rentreront dans la proposition. image25
  • Le principe de proposer de faire des animaux ou des végétaux a un autre intérêt encore : quand il faut reprendre un enfant, je ne dis pas son prénom mais « Je n’ai jamais vu une souris parler ! » ou « Je n’ai jamais entendu des papillons papoter ! ».
  • Concernant l’impression de ne pas tout voir : c’est vrai, au début. J’ai adopté une technique, sans savoir si elle est parfaite : pour la 1ère proposition, je fais, sans vérifier sauf en regardant de là où je suis. Les fois suivantes, comme ils connaissent mieux le mouvement, je fais puis je tourne dans le groupe et ils me montrent ce qu’ils réussissent. Cela étant, je ne reste pas longtemps sur un mouvement/une posture, sinon le groupe s’agite. Enchaîner relativement rapidement permet de ne pas ennuyer les enfants, d’être dans le mouvement et dans le jeu.
  • Pour ce qui est d’autres histoires… d’accord, je vais en imaginer d’autres !

MERCI à vous pour votre curiosité et votre enthousiasme !

Bonne application et à bientôt.

Florence

Utile pour le développement des compétences psychosociales !

Quels liens entre ce travail de « relaxation-concentration » et les textes officiels ? 

J’ai posé la question à Xavier Meyrier, Inspecteur de l’Education Nationale et chargé de mission Cardie.(https://espaceeducatif.ac-rennes.fr/jahia/Jahia/lang/fr/pid/19236)

Voici sa réponse :

« Favoriser le mieux être des élèves en s’appuyant sur des pratiques inspirées du yoga, de la sophrologie ou autres techniques de relaxation, concentration, méditation ….. rentre dans le développement des 10 compétences psychosociales définies par l’Organisation Mondiale de la Santé, qui ont inspiré l’écriture du socle commun de compétences : Savoir résoudre les problèmes, savoir prendre des décisions, avoir une pensée créative, avoir une pensée critique, savoir communiquer efficacement, être habile dans les relations interpersonnelles, savoir gérer son stress, savoir gérer ses émotions.  Ces pratiques s’inscrivent donc dans l’esprit des programmes et des instructions officielles, de l’école et du collège .
Elles visent à mettre les élèves dans les meilleures conditions possibles face aux apprentissages : développer leur attention, favoriser l’écoute et la mémorisation …Ainsi elles permettent de gagner du temps d’efficacité en classe.

Dans le référentiel de compétences professionnelles des enseignants (servant à l’évaluation des stagiaires) figure l’item « Savoir instaurer un climat serein et de confiance au sein de la classe » et dans la grille d’évaluation du PPCR (commune aux enseignants du 1er et du 2nd degré) « Installer et maintenir un climat propice aux apprentissages ».
Agir sur le bien être des élèves relève donc de la compétence professionnelle des enseignants et de leurs obligations professionnelles. »

Je remercie très sincèrement Xavier Meyrier pour cette contribution, qui encourage tous ceux qui s’engagent dans ce travail. 

Maternelle : raconter une histoire

Voici une histoire que j’ai inventée pour faire faire quelques étirements et de la relaxation à une classe de Grande section. Simplifiez les consignes si vous avez des élèves plus jeunes. Pour que cela fonctionne, il faut faire avec eux, et même précéder leurs mouvements. Transformez-vous en lutin ! 

Résultat de recherche d'images pour "dessins lutins"Séance d’étirements et relaxation : « Les petits lutins cueuillent des fruits ».

Introduction – Entrée dans la salle de motricité > Nous entrons dans la pièce en farandole, en imaginant que nous sommes des petits lutins. Nous nous asseyons en tailleur, comme si nous étions dans notre terrier, tout petit. Nous « décidons » de sortir de notre terrier pour admirer la forêt et nous allons cueillir des fruits…

1er exercice : toilette (relaxation)

« Avant de sortir faire une promenade,  chaque petit lutin fait sa toilette  consciencieusement ! » Toilette du visage et du corps décrite dans page ad hoc, en suivant par exemple la progression suivante : séance 1 : toilette du corps : front, joues, yeux, oreilles, tête, cou, nuque, bras, torse, ventre, dos, jambes, pieds, mains ;  S. 2 : visage, plus précisément, puis corps plus rapide; S. 3 : visage plus rapidement, puis articulations.

2ème exercice : étirements de la colonne

« Le petit lutin sort de son terrier. Quel bonheur de sentir l’espace autour de soi ! Alors que son terrier est si petit, là, enfin, il peut se mettre vraiment debout… » (Nous nous étirons) : Extension légère vers le haut : « Chaque lutin aperçoit une belle pomme : il cherche à l’attraper, doucement, sans forcer… » Extensions latérales : « il cherche à la décrocher, en gardant ses deux pieds bien au sol pour ne pas tomber. » Flexion avant : « la pomme tombe, il se penche lentement, le dos bien droit, pour la ramasser devant lui, au sol. (posture de la pince) » Torsions LEGERES de chaque côté : « les pommes sont si grosses et si belles qu’ils ont envie de les partager avec des amis : pour les appeler bien fort, chacun plie les jambes et pose ses mains sur ses hanches…Tourne d’un côté : « ohé ! » ; de l’autre côté : « ohé ! » (3 fois).

3ème exercice : mimer le fait de manger un fruit (recentre, relaxe), écouter les bruits environnants :« Assis en tailleur, les lutins sentent leur morceau de pomme. Ils la dégustent (nous faisons semblant de manger : la langue tourne dans la bouche, passe devant les dents du haut, les dents du bas, bouche fermée. Mon conseil : mimer, faire les grimaces nécessaires ! et expliquer aussi les mouvements possible de la langue : devant les dents, derrière les dents… ) en savourant la douceur de son goût sucré. Puis ils posent leurs mains sur leur ventre : cette pomme fait du bien ! Les mains sur le ventre, nous percevons notre respiration qui fait un petit peu bouger le ventre. Pour finir, nous écoutons les bruits de la forêt. (Ecoute des bruits de la cour, du couloir, de la classe d’à côté…) . Quel bon moment !»

Retour au terrier…

Bonne séance ! N’hésitez pas à me dire si cela fonctionne avec votre groupe, et si vous avez envie d’autres « histoires », de même longueur, ou plus courtes… A bientôt. 

Florence

(Date de publication : 16/01/19)

Apaiser :les différentes « voies » possibles

Pour faire suite à un échange avec des collègues (merci pour leur curiosité !), voici quelques exercices pour apaiser rapidement. (Liste non exhaustive !)

Pour des enfants de début de Cycle 1 et plus âgés : les exercices corporels sont efficaces. 

  • auto-massage des mains et ou du visage (voir page ad hoc)

    Massage des doigts, des mains.

Massage des doigts, des mains.

  • des étirements (exercices parfois issus de postures de yoga, mais pas systématiquement) : « la montagne », « le pingouin », « la chute d’eau », « l’arbre dans le vent », « la pince ». 

 

  • des postures inspirés du yoga telles que : « la grenouille » (permet d’évacuer le trop-plein d’énergie), la « chauve-souris », « le chat », le « hérisson sur la chaise », « la souris » (étirement vers l’avant)

 

 

A partir de la fin du Cycle 1, à partir de 5 ans  : centrer son attention sur les perceptions sensorielles apporte également un apaisement. (L’exercice est difficile pour les plus jeunes). Exemples :

  • concentration sur les sons (mains en coquillage sur les oreilles : découvrir le « bruit des vagues » que provoque la respiration, puis après avoir ôté les mains, écouter les bruits de la cour, du couloir, de la classe d’à côté, de notre classe…)
  • concentration sur la température de l’air : frais quand il entre dans le nez, chaud quand il sort,
  • concentration sur le goût (à l’occasion d’une collation, de la dégustation d’un fruit ou d’un gâteau…)
  • concentration sur les textures (projet sur le sujet, avec, par exemple, la plantation d’une jardinière des textures contenant des plants de toutes sortes).

A partir de 6 ans (fin de GS) : porter l’attention sur l’expiration (sans chercher à maîtriser le souffle), permet aussi d’apaiser. Exemples : 

  • Souffler sur les doigts comme s’ils étaient des bougies pour fêter un anniversaire,
  • Faire la « respiration coup de balai » (on souffle en imaginant l’air qui descend de la tête vers la terre en nettoyant la colère, la fatigue, l’énervement)
  • Imaginer que l’on souffle sur une bougie imaginaire, pour faire bouger la flamme sans l’éteindre.

A partir de 8 ans : on peut également utiliser des images mentales. Exemple : si toute l’école a fait une sortie scolaire dans un bel endroit (forêt, bord de mer… ), projeter une ou plusieurs photos du lieu et aider les élèves à se remémorer les sensations (douceur de l’air, odeur, etc.). 

bord de mer

Précisions : selon la sensibilité de chacun, chaque enfant réagira différemment à ces exercices. Observer permet de choisir et d'adapter au mieux la proposition. En ce qui concerne la gestion des émotions, un article du blog propose un tout petit résumé d'une formation que j'ai suivie. Je reprendrai ce sujet en détails dans quelques semaines.